Articles

Technique · 11 août 2026 · 5 min

Traiter les remontées capillaires dans le Nord : origine, mécanisme et solutions

Découvrez l'origine des remontées capillaires dans le bâti ancien du Nord et les solutions techniques efficaces pour assainir durablement vos murs.

L'humidité dans l'habitat ancien est une problématique récurrente dans la métropole lilloise et le département du Nord. Les remontées capillaires touchent particulièrement les maisons ouvrières du 19ème siècle et les bâtisses en briques traditionnelles. Comprendre l'origine du phénomène est indispensable avant d'envisager des travaux de rénovation pérennes.

Vulnérabilité du bâti ancien dans le Nord

Les constructions anciennes de la région lilloise ont été édifiées avec de la brique rouge et du mortier de chaux posés directement sur le sol. Sans fondations étanches ni coupure de capillarité, ces matériaux très poreux absorbent l'humidité souterraine. Ce phénomène est accentué par la présence de nappes phréatiques affleurantes et de sols argileux.

Au fil des décennies, l'artificialisation des sols et le remplacement des enduits respirants par du ciment ont bloqué l'évaporation naturelle de l'eau. Celle-ci se retrouve piégée au pied des maçonneries et remonte progressivement dans les parois.

Mécanisme physique du phénomène

L'eau contenue dans le sol s'infiltre et monte dans les micro-pores de la brique et des joints par attraction capillaire. Ce mouvement ascendant se poursuit jusqu'à ce que la gravité et le taux d'évaporation équilibrent la pression. L'eau peut ainsi s'élever de quelques dizaines de centimètres jusqu'à plus de 1,50 mètre de hauteur depuis le sol.

Distinguer humidité, condensation et salpêtre

  • L'humidité correspond à la présence globale d'eau dans la matière ou l'air, qu'elle provienne du sol, de fuites ou de pluies battantes.
  • La condensation résulte de la transformation de la vapeur d'eau ambiante au contact d'un mur froid, souvent liée à un défaut d'isolation ou de ventilation.
  • Le salpêtre se manifeste par des cristaux blanchâtres dus à l'évaporation de l'eau chargée en sels minéraux, ce qui fait éclater les enduits et effrite la brique.

Les solutions de traitement adaptées

  • Injection de résine hydrophobe : forage de trous espacés de 10 centimètres au bas du mur pour injecter un gel siloxane créant une barrière étanche définitive.
  • Drainage périphérique : pose d'un drain le long des fondations pour évacuer l'eau de pluie lorsque la configuration extérieure le permet.
  • Enduits à la chaux : application d'un enduit respirant sur maçonnerie asséchée pour laisser transpirer le support tout en résistant aux sels résiduels.
  • Ventilation mécanique (VMC ou VMI) : installation indispensable pour accélérer l'évaporation de l'humidité et maintenir un air sain.

Erreurs à éviter et diagnostic préalable

Certaines interventions apportent un résultat esthétique temporaire mais aggravent la dégradation du bâtiment. L'application d'un enduit au ciment bloque l'évaporation et force l'eau à monter plus haut. Les peintures anti-humidité et les doublages en plâtre non traités masquent le problème tout en dégradant les isolants et les structures en bois.

Avant tout projet de réhabilitation, il est recommandé de réaliser un diagnostic d'humidité précis, notamment via un test à la bombe à carbure, afin de confirmer l'origine exacte des désordres.

Un projet de rénovation en tête ?

Nous en parler